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Que sont les design trompeurs ?

Ce sont des interfaces et parcours utilisateurs implémentés (…) qui visent à influencer les utilisateurs pour qu’ils prennent des décisions imprévues, involontaires et potentiellement nuisibles allant à l’encontre de leurs intérêts et en profitant aux plateformes.

D’après les lignes directrices 03/2022 du CEPD relatives aux interfaces trompeuses dans les interfaces des plateformes de médias sociaux: comment les reconnaître et les éviter?

Leurs risques potentiels

Personnes

Atteinte à la vie privée

Lorsqu'une personne est confrontée à des designs trompeurs, elle peut être empêchée de faire des choix plus protecteurs de sa vie privée, qui auraient pu lui convenir s'il avaient été présentés différemment.

Personnes

Pression psychologique

Certains design trompeurs exploitent nos automatismes (tels que les biais cognitifs) pour influencer nos décisions, ce qui peut entrainer un sentiment de frustration ou d'impuissance.

Acteurs

Atteinte à la réglementation

Certaines pratiques peuvent contrevenir au Règlement général sur la protection des données (RGPD), notamment en ce qui concerne le consentement libre et éclairé.

Une utilisation variée

Si les design trompeurs peuvent viser à pousser les personnes à soumettre leurs données personnelles, comme c'est le cas dans les exemples de ce test, ils peuvent aussi chercher à altérer leur comportement d'achat. Ces techniques poursuivent des objectifs financiers tels qu'augmenter le taux de conversion, les ventes, les abonnements ou encore l'adhésion à des offres payantes. En voici quelques procédés définis par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) :

Piège de l'urgence

Messages conçus pour pousser les personnes à prendre une décision rapidement, sous prétexte qu'elles risquent de manquer une offre avantageuse. Cela peut prendre la forme d'un compte à rebours avant la fin d'une promotion, d'un décompte du stock restant ou d'une mention au nombre d'utilisateurs consultant la même page.

Principales législations liées aux données personnelles

Les designs trompeurs sont liés au contexte spécifique dans lequel ils apparaissent. Leur identification ne peut se faire de manière générique : chaque situation requiert une analyse au cas par cas pour détecter les mécanismes manipulatoires.
Les réglementations ne décrivent pas chaque pratique en détail, mais établissent des grands principes qui s’imposent à tous les acteurs du numérique. Ces principes visent à protéger les droits des utilisateurs et à garantir des choix libres, éclairés et respectueux de la vie privée.

2002
Directive ePrivacy

L’article 5 (3) de la directive ePrivacy garantit aux utilisateurs et abonnés la protection de leurs terminaux contre tout accès ou stockage d’information non désiré. Il soumet en effet ces opérations au consentement, sauf à ce que celles-ci rentrent dans des cas d’usage bien précis. Cet article est transposé dans la loi « Informatique et Libertés » à l’article 82 qui s’applique notamment aux cookies.

2018
Règlement général sur la protection des données

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est un texte réglementaire européen qui encadre le traitement des données pour tout le territoire de l’Union européenne (UE). Il est entré en application le 25 mai 2018. Les designs trompeurs peuvent contrevenir à un ou plusieurs principes du RGPD qui sont liés à : la limitation des finalités, au consentement, à la protection des données par défaut et dès la conception, à la transparence et à l’information, et à l’exercice des droits. Tous vont à l’encontre du principe de loyauté.

2022
Lignes directrices sur les designs trompeurs

Les lignes directrices du 03/2022 : "Design trompeurs sur les réseaux sociaux : comment les reconnaître et les éviter", rédigées par le Comité Européen de la Protection des Données (CEPD), ont pour vocation à clarifier et interpréter l’application du RGPD sur ces questions.

2023
Règlement européen sur les services numériques

La législation sur les services numériques, ou Digital Services Act (DSA) veut mettre en pratique le principe selon lequel ce qui est illégal hors ligne est illégal en ligne. L’article 25 cible notamment les design trompeurs en imposant des règles de transparence et de neutralité dans la conception des interfaces . Ainsi, tous les intermédiaires en ligne qui offrent leurs services (biens, contenus ou services) sur le marché européen doivent s’assurer que leurs interfaces sont conçues de manière à respecter la liberté de choix et la volonté de l’utilisateur.

Même si certains designs trompeurs sont relativement flagrants et sanctionnés par des institutions comme la CNIL, ces pratiques se manifestent partout, sous différentes formes. Elles peuvent être plus ou moins subtiles, et leur diversité rend leur détection complexe.

C'est pourquoi, en complément de l'action de régulation menée par les institutions, il est essentiel de développer une réflexion critique sur les interfaces numériques utilisées. Cela permet de mieux comprendre les mécanismes trompeurs à l'œuvre lors de la prise de décisions, notamment en matière de vie privée, et d'éviter des choix effectués sous contrainte ou en méconnaissance de cause.

Les design patterns : une alternative éthique

En contraste avec les designs trompeurs, il existe de nombreuses bonnes pratiques, souvent désignées sous le terme designs patterns. Ces modèles de conception visent à améliorer l’expérience utilisateur en proposant des choix transparents et des parcours clairs pour permettre une navigation plus simple et éclairée.

Ils permettent, par exemple, de simplifier l'adhésion à des services, rendre la gestion des préférences plus intuitive ou encore renforcer la transparence concernant le traitement des données personnelles. Certains de ces modèles de conception sont notamment recensés et expliqués sur la plateforme Données et Design.